LA CÔTE D IVOIRE IS BACK

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Abidjan, Ivory Coast. A West African Manhattan, with towering glass buildings, elegant bridges and a springling of glamour…». Si vous ne parlez pas l’anglais, ne vous inquiétez pas. Ces lignes ne disent que du bien de la Côte d’Ivoire. Elles sont extraites de Sawubona Magazine (février 2012), le Magazine d’information de la Compagnie South African Airways. Sur 6 pages, l’auteur de l’article s’efforce de décrire Abidjan le jour et sa vie nocturne, ses restaurants aux plats très africains. De magnifiques photos ornent l’article.

Dans une autre rubrique, une photo de notre Meiway national sur une page entière, en pleine exhibition. Pas une seule mention de la crise politique. Pas un mot des atrocités que nous avons connues. Pas une seule référence au dialogue politique qui peine à décoller ou au processus de réconciliation. Les mauvaises langues diraient que ceci est un « coup de com’ » de certaines officines ivoiriennes ; cela peut ne pas être faux mais les magazines sérieux ne vendent pas de mauvaises destinations, sinon ils perdent leur crédibilité. Cela fait de nombreuses années que la Côte d’ Ivoire n’avait plus fait l’objet d’une telle promotion dans les magazines des compagnies aériennes. Des millions de voyageurs prennent l’avion chaque mois et de telles publicités feront beaucoup de bien à notre pays et à son image. ‘’Côte d’Ivoire is coming back’’, pourrait-on dire. Sur d’autres fronts, la Côte d’Ivoire signe son retour progressivement, notamment sur le plan diplomatique. Entre autres, la présidence de la CEDEAO que la Côte d’Ivoire n’a volontairement jamais occupée. Mais le sort (comme pour nous faire payer toutes nos années de turbulences politiques et militaires et peut-être aussi pour nous permettre de tirer les leçons de notre sinistre expérience des coups d’Etat) a voulu que notre pays et son Président, président à la CEDEAO au moment où des coups d’Etat aussi insipides qu’incompréhensibles ont lieu, nous projetant au-devant de l’actualité et nous faisant jouer le rôle de leader que nous avions eu dans un passé si lointain dans la région. En dehors de la CEDEAO, il y a de nombreuses organisations internationales où la Côte d’Ivoire est revenue en force, occupant souvent de confortables positions. Le pays n’est plus ignoré. Son opinion compte. Sa reprise économique également le positionne. La Côte d’Ivoire est en train de revenir …de loin. Le chemin à parcourir est encore long, cependant la marche a commencé. En 2005, j’ai fait équipe sur un projet avec une amie Mauricienne à Port-Louis en Ile Maurice. Elle m’avait alors confié que toute sa vie, elle avait rêvé de la Côte d’Ivoire, mais qu’elle ne pouvait y aller à cause de la crise politique qui y avait éclaté 3 années plus tôt. J’ai pensé qu’elle le disait par courtoisie et qu’elle me flattait à un moment où les négociations de Pretoria achoppaient. Une Mauricienne dont le pays attire les vacanciers millionnaires sur ses plages paradisiaques et qui, elle, rêve de Côte d’Ivoire. Si ce n’est pas de l’hypocrisie, qu’est-ce que cela peut encore être ? Les femmes universitaires ont le verbe facile et le mot à propos. Toutefois, la semaine passée, mon amie Mauricienne m’a appelé avec une très sérieuse excitation dans la voix pour m’informer qu’elle a pu convaincre une des organisations pour laquelle elle travaille d’organiser son assemblée annuelle à Abidjan en novembre prochain. Elle va enfin réaliser son rêve de visiter la Côte d’Ivoire et surtout Abidjan et Bassam. J’avais tort de douter de son amitié et de son témoignage d’attachement à la Côte d’Ivoire. En effet, beaucoup d’organisations reviennent en Côte d’Ivoire. Elles y tiennent des réunions ou organisent leur relocalisation dans le pays. Sur ce plan encore, il est en train de revenir de son coma. Avant les crises politiques de cette dernière décennie, les hôtels faisaient le plein, les initiatives, conférences, expositions ne manquaient pas. Et puis, tout le monde a fui le pays. Les nouveaux atouts de notre pays et la paix (même fragile) retrouvée recommencent à attirer. Et il y a tant d’autres bonnes nouvelles qui nous attendent. Cependant, tout ceci ne sera possible que si la sécurité s’améliore. Sans vouloir verser dans une rhétorique du tout-sécuritaire, il faudra que les agitations militaires, les menaces de déstabilisation, les attaques meurtrières comme celles récentes opérées à l’ouest (dont nous avions prévenu les autorités dans la chronique « 3 anniversaires, 3 dangers » en janvier 2012) et surtout les activités de gangsters soient relativement maîtrisées afin de ne pas effrayer l’extérieur. En vérité, le vrai moyen d’assurer la sécurité sera de rendre effectifs la réconciliation nationale, le retour des Ivoiriens en exil ou déplacés du fait de la crise et surtout d’engager un dialogue politique sincère. Il revient au gouvernement de créer les conditions optimales pour que cela soit et que nous finissions par dire un jour : « Côte d’Ivoire is back ».

par Vincent Tohbi Irie

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