En visite en Angleterre/ Alassane Ouattara aux Ivoiriens de Londres : “Je veux redonner à la Côte d’Ivoire sa crédibilité”

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L’humour devant, c’est un Alassane totalement décontracté qui s’est présenté devant les Ivoiriens de la diaspora anglaise. Dans une salle du Methodist Central Hall (en face du parlement britannique) qui a refusé du monde, le chef de l’Etat ivoirien a pris langue avec ses concitoyens qui vivent sur la péninsule britannique. D’entrée, il a tenu à leur dire merci pour cette grande et formidable mobilisation. Il a ensuite égrené sa vision future de ce qui doit être la nouvelle Côte d’Ivoire. C’est-à-dire un pays ouvert au monde et qui compte sur lui-même.

La réconciliation et la dignité ivoirienne

Mais avant tout, Alassane Ouattara a parlé de réconciliation. « Je suis venu vous dire que vous devez vivre ensemble. Que vous devez vous sentir d’abord Ivoiriens et fiers de l’être. Dans mon entendement, il faut éviter de se considérer comme un Ivoirien de telle ou telle région, ethnie ou appartenance politique. Il faut être ivoirien et se considérer comme tel », a-t-il lancé d’entrée. La voix pathétique et le regard franc, il a appelé à la réconciliation de tous les Ivoiriens avec eux-mêmes et avec les autres.

La Côte d’Ivoire au travail

« Il faut que vous vous réconciliez entre vous comme nous sommes en train de le faire au pays. Rassemblons-nous et considérons que le passé est derrière nous », a-t-il conseillé. Conscient du fait que Londres a connu une grande division dans la communauté ivoirienne, il a exhorté les uns et les autres à réapprendre à revivre ensemble.

Après ses appels à la paix et à la réconciliation, il a fait le point depuis qu’il a bénéficié du suffrage des Ivoiriens. « Nous avons trouvé une situation catastrophique. Mais, nous avons formé un gouvernement qui a fait du bon travail avec Guillaume Soro et ce travail continue avec Ahoussou », a-t-il précisé. Il a révélé qu’après 18 mois de fonction, « nous avons une situation qui est parmi les meilleures en Afrique et même dans le monde. J’ai promis de mettre mon programme en place ». En une année, s’appuyant sur les statistiques de la Banque mondiale et du FMI, la Côte d’Ivoire, affirme-t-il, a atteint un taux de croissance de 8%. Cette annonce a mis le feu à la salle de conférence du Methodist Central hall. Alassane Ouattara a expliqué à ses compatriotes de Londres qu’en un peu plus d’une année, son gouvernement a résolument engagé la Côte d’ Ivoire sur des sentiers nouveaux du développement et de la prospérité. Il a affirmé que ce travail a permis l’annulation presque totale des dettes extérieures de la Côte d’Ivoire. « Le mercredi dernier, le ministre des Finances, Charles Konan Diby a signé avec le ministre des Finances français, Moscovici, l’annulation de la dette pour trois milliards d’euros. Ceci représente deux mille milliards de francs CFA d’annulation de dette », a-t-il fait savoir aux Ivoiriens du Royaume uni. Expliquant dans les détails les retombées de cette situation, ADO a simplement expliqué que ce gain va permettre d’investir dans la santé, dans l’éducation, la construction des routes, pour le bien-être des populations ivoiriennes.

Parlant justement de tous ces grands chantiers qui doivent permettre à son pays de renouer avec le progrès, Alassane Ouattara a demandé aux Ivoiriens de la diaspora de rentrer pour prendre leur part dans le développement de la Côte d’Ivoire. « Il faut rentrer maintenant. C’est le moment du moment », a-t-il dit en riant. Persuadé qu’il est plus que jamais temps que les fils et filles de la Côte d’Ivoire doivent mettre à profit ces moments importants d’investissement et de reconstruction pour rentrer définitivement au pays et apporter leur pierre à la construction d’une Côte d’Ivoire nouvelle. Il a parlé des grands projets qui vont toucher les domaines des routes, des nouveaux chemins de fer, de l’exploitation des mines d’or et de fer, notamment le barrage hydroélectrique de Soubré.

Un département de la diaspora

« Dans les 18 mois à venir, nous aurons au moins trois grands hôtels de 400 à 600 chambres et vous qui parlez l’anglais vous aurez des opportunités. Nous allons réhabiliter tous les centres de santé, les sous-préfectures, les routes. En un mot, nous avons un grand chantier de reconstruction de la Côte d’Ivoire. Et quand Alassane Ouattara prend un engagement, il le respecte », a-t-il rassuré.

Alassane Ouattara a annoncé aux Ivoiriens d’Angleterre, la création au sein du ministère des Affaires étrangères, d’un département de la diaspora. Cette structure sera l’interlocutrice entre les Ivoiriens vivant à l’extérieur et l’Etat et elle se chargera d’analyser leurs préoccupations, d’étudier leurs dossiers et de l’aider à s’installer en Côte d’Ivoire. Le Président Ouattara a insisté sur le retour et l’apport des Ivoiriens de la diaspora, car il se dit convaincu qu’ils pourront mettre à contribuer leur savoir-faire pour que la Côte d’Ivoire retrouve son rayonnement d’antan. « Vous savez, quand j’étais Premier ministre sous l’autorité de feu Félix Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire était troisième puissance économique derrière l’Afrique du Sud et le Nigeria. Aujourd’hui, nous sommes huitième. Mais, nous allons y arriver. Je vous promets qu’à l’horizon 2020, nous serons un pays émergent pour reprendre notre place sur le continent.

Conditions de vie à améliorer

Selon lui, le développement ne sera atteint qu’en améliorant les conditions de vie des Ivoiriens. « Il est vrai que tout le monde parle de la cherté de la vie, mais c’est un même constat au Togo, au Benin, un peu partout. Nous n’avons pas mené une politique de substitution et beaucoup de nos produits sont importés. Nous allons dans trois ans faire en sorte qu’il n’y ait plus d’importation de riz. Et ce sera comme cela sur toutes les productions », a-t-il annoncé. Nous allons faire des routes, a-t-il poursuivi, pour permettre l’évacuation des produits vivriers vers les villes. Au niveau de la formation, Alassane Ouattara a promis la réhabilitation des universités de Bouaké et de Daloa pour 2013. Et la construction des universités de San Pedro et Bondoukou en 2015. Selon lui, les financements sont bouclés et cela se fera. C’est pourquoi, il a appelé à la dignité des Ivoiriens de l’étranger pour qu’ils se préparent à rentrer et éviter de se faire expulser comme ce fut le cas en Israël.

Koné Lassiné (Envoyé spécial à Londres)

Le Patriote

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